avatar 25 juillet 2008 – 20:03
Reportage par : Lionel

Croisière Voilier : La Rochelle – Port Médoc – Le grand tour (Etape 5)

Après 2 jours passés à la Rochelle, pour visiter et avitailler en prévision du canal, nous partons au lever du jour pour une étape importante.

lever du jour sur la rochelle

Nous devons contourner l’île d’Oléron par le large (le passage entre l’île d’Oléron et le continent est déconseillé en raison des forts courants de marée qui s’y produisent) avant d’entrer dans l’estuaire de la Gironde.

carte baie la rochelleOléron Médoc

Cette étape est quelque peu impressionnante pour plusieurs raisons :

- Nous allons devoir être “hors la loi” pendant quelques heures. En effet, nous n’avons pas de radeau de survie ce qui nous limite légalement à moins de 6 miles d’un abri. Mais là, pas possible d’y échapper, nous allons devoir nous retrouver bien au delà de cette limite.

- L’île d’Oléron n’offre aucun refuge sur son côté ouest, une fois que nous serons de l’autre côté mieux vaut que le temps ne se gâte pas car nous aurons alors une côte sous le vent et aucun échappatoire sauf de poursuivre notre route ou de rebrousser chemin.

- Bien que la météo locale annoncée soit très clémente, il y a une petite dépression en approche du le Golf de Gascogne, qui sera à la hauteur du cap Finistère en fin de journée.. Cette dépression ne devrait pas toucher les côtes, mais à quelques miles près, il arrive que la météo se trompe…

C’est donc au moteur que nous engageons cette étape. Un calme plat règne sur l’eau.

Du vrai convoyage, l’objectif est de parcourir le plus distance le plus vite possible, le moteur tourne au régime qui semble donner la meilleure vitesse (à fond on va peut-être un poil plus vite mais il consomme un max).

La sortie de la baie ne pose aucun problème, ensuite s’en suit un vrai exercice de navigation.

En effet, il ne faut pas se contenter de suivre la cote de l’ile de l’Oléron mais il faut s’en écarter afin de rejoindre le chenal d’entrée de la Gironde qui permet de contourner le fameux “Banc de la Mauvaise”. Ce banc de sable s’étend sur plusieurs miles à l’ouest de la rive nord de la Gironde.

La faible profondeur rend l’échouage possible mais surtout la remontée progressive du fond fait déferler toutes les houles qui viennent du grand large. La zone est donc carrément minée et truffée d’épaves.  Les recommandations maritimes indiquent de ne pas céder à la tentation de “couper dans le fromage” et imposent d’aller chercher l’entrée du chenal située à environ 8 miles à l’ouest de l’embouchure.

Ce sera l’occasion de tester le GPS et d’y entrer un Waypoint. Cela permet au GPS de vous donner à chaque instant la distance qui reste à parcourir et s’il faut aller un peu plus  à gauche ou à droite. Bien entendu, n’ayant jamais utilisé ce GPS, j’ai aussi déterminé un cap sur la carte papier.

Mais une fois que vous faites confiance au GPS, ses informations rendent la tenue de route bien plus confortable que de tenter de suivre un cap au 253 sur une boussole graduée de 10 en 10 et qui bouge de +-10 degrés à chaque vague.

Avant d’arriver au chenal de la Gironde, nous aurons la pluie, la sensation d’être au large car les côtes disparaîtrons avec visibilité nettement réduite.



Cliquez sur les images pour agrandir

Quand soudain, nous apercevons un cargo sur bâbord (enfin des êtres vivants).. il nous indique surtout que nous approchons du chenal d’entrée dans la Gironde.

Nous trouverons la première bouée et avancerons bouée après bouée en suivant cette “route invisible” perdue au milieu de rien…

Puis doucement les côtes réapparaîtrons, doucement sur bâbord et sur tribord, mais légèrement, car la Gironde, c’est grand !

Nous apercevrons aussi les déferlantes du Banc de la Mauvaise. C’est vrai qu’à moins d’avoir envie de faire du surf au large, il ne faut pas aller mettre sa coque là dedans.

Banc de la Mauvaise

Banc de la Mauvaise

C’est donc en fin de journée que nous pénétrons dans la Gironde, bientôt nous avons une rive de chaque côté.  Nous ne progressons plus beaucoup, il semble qu’il y ait de plus en plus de courant contraire. Nous étions pourtant partis avec l’espoir d’entrer avec le courant… comprend pas ?!?  enfin.. tant pis, nous irons moins loin aujourd’hui.

Sur la carte, il y a un port sur la rive gauche (sud), c’est port Médoc où nous décidons de nous arrêter.

Port Médoc est un grand port de plaisance tout neuf, les commerces ne sont même pas encore tous occupés. Il y a beaucoup de places disponibles. Il y règne un grand calme. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est peu fréquenté ou parce que c’est un port qui ne donne pas sur la mer.

Clico à Port Médoc

Clico à Port Médoc

En tout cas, l’ambiance qui y règne tranche avec l’inquiétude de principe, que cet étrange parcours, nous avait suggéré.


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