|
22 juillet 2008 – 18:34 Reportage par : Lionel |
Croisière Voilier : Ile de Ré – La Rochelle : Au près à un ris (Etape 4)
L’escale qui nous attend aujourd’hui s’annonce intéressante.
Un vent d’Ouest souffle à 15 noeuds, peut-être 20 dehors.
Il fait beau quoi qu’un peu frais pour un mois de juillet.
|
|
Pour rejoindre La Rochelle, il va falloir faire du près..
Le plan d’eau qui nous sépare de La Rochelle est assez protégé
ce qui ne me fait pas craindre de houle particulière.
Je compare ce qui nous attend à une traversée d’un grand lac, avec
juste ce qu’il faut de vent pour que cela s’avère un peu sportif.
Vous ne sortez pas seul du port de St Martin de Ré. Tellement bondé
pour y passer la nuit, bon nombre des navires vont repartir avec nous.
Comme la marée dicte l’ouverture du port. Et que forcément, vous avez un voisin que vous empêchez de partir, vous n’avez rien de mieux à faire qu’à prendre la mer dès que possible.
Nous sommes donc sortis à la queue leu leu, un peu comme nous étions entrés.
Dehors, le vent souffle, sans attendre, nous nous empressons de larguer la grand voile avec une bande de ris
puis de hisser le génois.
Je borde les écoutes, Clico prend de la vitesse et s’incline, j’observe autour de moi.
Il y a d’autres voiliers sur le même bord que nous, 2 grands 12 m qui semblent
naviguer de concert (plusieurs personnes à bord, même route, pas de ris
dans la grand voile, et une gîte très très prononcée..)
Ceux là , pas d’espoir de les rattraper, mais ils vont me servir à anticiper le vent
qui nous attend.
Derrière, 2 petits voiliers font aussi déjà route, ils n’ont pas traînés.
Ils sont plus petits que Clico, il ne faut donc pas qu’ils nous rattrapent…
Passée la surprise de voir notre bateau ainsi penché, on s’habitue
assez rapidement à la situation, vue la stabilité de celle-ci.
Clico est calé sur son angle de gîte et file à bonne allure avec
très peu de mouvements parasites.
A part la barre qui tire un peu (j’aurai dû soulager la grand voile),
Clico affronte le vent tout seul et nous amène rapidement
sous le pont de l’île de Ré.
Passer les piles du pont au près n’est pas si simple, il y a toujours la crainte que quelque chose ne se passe pas bien et nous déporte sur la pile sous le vent. Par conséquent, le mieux est de choisir une pile au vent et de la prendre comme point de mire. Il sera facile de passer sous son vent au dernier moment.
De l’autre côté surprise…
Le vent semble plus fort, et il y a plus de monde..
Nous prenons d’emblée une nouvelle bande de ris et réduisons le génois d’une marque.
Mais nous fonçons droit sur une bouée cardinale qui ne nous indique rien de bon…  Je dois dire que dans la précipitation, j’ai confondu l’Est et l’Ouest et ai d’abord cru que nous pouvions passer.. Quand tout à coup vous vous rendez compte que vous foncez précisément là où il ne faut pas aller, ça fait tout drôle…
Alors virement, et nous voici sur l’autre bord à foncer vers la digue…
Bon sang ! Quelle galère ce coin là !
Les 2 petits voiliers n’ont pas tergiversé, ils ont roulé leur foc et progressent au moteur face au vent en ligne droite sur La Rochelle.
Nous décidons de faire de même, c’est vrai quoi, on ne va pas passer la journée à tirer des bords…

Ceci dit, au moteur, je décide de ne pas affronter les vagues de face, non seulement ça mouille mais je vois bien que les petits voiliers tapent dans la vague et se retrouvent presque arrêtés dans les plus grosses.
Je tire donc des bords, très serrés au moteur. Juste ce qu’il faut d’angle pour que les vagues nous mouillent le moins possible.
La technique paye, car alors que nous allions à la même vitesse que les petits voiliers lorsque nous les suivions, à l’issue des 2 bords, nous sommes largement devant, sans avoir touché à la poignée des gaz.
Bizarrement, l’arrivée au port des Minimes se fera en plein cagnard, à l’abri du vent.
Clico et nous sommes plein de sel.
On nous confie une place sans problème. Aux Minimes, la 3e nuit est offerte, dommage, nous n’en ferons que 2.




