|
27 juillet 2008 – 22:31 Reportage par : Lionel |
Démâtage à Pauillac (Etape 6) – Navigation Gironde
Cela ne sert à rien de partir trop tôt de port Médoc. Seulement cinquante kilomètres nous séparent de Pauillac notre prochaine destination.
Notez que maintenant que nous sommes en fluvial nous parlerons de kilomètres  (ça fait combien en miles marins ça ?)
Nous nous rendons à Pauillac  pour démâter. J’avais lu sur le web que c’était le bon endroit pour cette opération.
|
|
Les instructions nautiques indiquent que le port de Pauillac a une particularité : le courant de marée le traverse et il vaut mieux éviter les périodes montantes ou descendantes pour y accoster.
Nous partons à marée montante, la pleine mer est prévue vers 13h, si nous y arrivons vers 12h (pas avant) cela sera bon.
Toujours pas de vent aujourd’hui, c’est dommage, j’aurai bien aimé naviguer à la voile sur la Gironde. D’autant que je ne sais pas dans combien de temps Clico retrouvera ses ailes..
Le voyage se fait rapidement, presque trop. Avec la marée, on a beau tourner au ralenti, on avale les kilomètres inévitablement.
Bien que le courant soit encore vif à notre arrivée, il est tout de même bien moins fort à l’intérieur du port et l’accostage face au courant ne posera aucun problème.
Pauillac :
C’est bien le port le plus étrange que j’ai visité. Il n’est pas très grand mais il est protégé de la Gironde par des murs de planches métalliques gigantesques, l’eau est boueuse, comme toute la Gironde d’ailleurs, il fait vraiment chaud, cette fois-ci nous nous sentons vraiment en été… et que dire de l’imposante bouteille qui accueille les plaisanciers ?
On pourrait croire qu’un port aussi loin de la côte n’est qu’un port de marins d’eau douce, mais il n’en est rien. Pauillac est un port de passage et un port de passionnés. Port de passage car les bateaux qui se lancent dans la traversée du canal du midi ou qui en reviennent y font souvent escale.  Et ces personnes passent bien souvent un mois dans leur bateau et vivent moultes aventures. Vous y croisez aussi de vieux loups de mer qui ont navigué sur toutes les océans, un vieil anglais trop vieux désormais pour lâcher les amarres mais qui revient chaque année, seul, pour profiter de ses derniers jours de bonheur, un jeune couple de la région qui a investi toute ses économies dans un sangria (tiens eux aussi) et qui rêvent de destinations lointaines.. et puis Pauillac est le point de départ de Lafayette lorsqu’il est parti pour les Amériques – le saviez-vous ?
Pauillac est probablement le plus marin des ports terriens.
Cliquez sur une image pour agrandir
Ici le vent sent à la fois le sarment de vigne et le sel de l’Atlantique. Et puis les navigations à la journée ne sont pas faciles. Vous devez jouer avec les marées, vous ne remontez pas le fort courant, il faut faire avec, et la Gironde charrie fréquemment des arbres entiers.. Les fonds de vase sont variables et les îles nombreuses. Je suis sûr que les connaisseurs de la région naviguent dans des coins que le visiteur de passage, comme nous, ne soupçonne pas. Nous nous sommes contentés de suivre le balisage destiné aux cargos !
Le démâtage :
C’est tout de même l’épreuve principale qui nous a fait venir à Pauillac. Avant d’arriver, j’avais commencé à préparer le mât (enlever les voiles, ranger les drisses) mais j’étais loin d’être au bout de ma peine. Le chef de port, qui est le seul employé du port… du moins au moment où nous y étions, nous fixe un rendez-vous pour le démâtage le lendemain matin. Il faut suffisamment d’eau sous la grue (marée oblige) et il estime qu’il me faut bien encore le reste de la journée pour préparer tout mon mât.. il n’aura pas tort… Qu’est-ce-qu’on peut avoir comme bouts à ranger… et à fixer intelligemment pour qu’ils ne posent pas problème sur le canal…
Le démâtage aura bien lieu le lendemain, surprise, le chef de port n’a pas d’autres renforts que Stéphanie et moi pour faire la manip, lui est à la grue et nous au maintien du mât. C’est plus impressionnant que réellement difficile, la grue fait tout le travail et nous ne faisons que guider le mât et éviter les balancements.
Cliquez sur une image pour agrandir
Après avoir fouillé dans l’atelier du port, nous décidons de nous contenter d’installer le mât sur bâbord (pour laisser tribord libre). J’aurai souhaité pouvoir fabriquer un support afin que le mât soit centré au-dessus de nos têtes, il aurait fait un support idéal pour placer une toile pour se protéger du soleil. Mais le sangria est étroit, et les morceaux de bois que je trouve ne font pas un appui idéal, ils me font craindre que le montage soit un peu fragile.
Alors tant pis, nous serons asymétriques, nous devrons éviter d’accoster sur bâbord et je trouverai bien quelque chose à bricoler pour nous protéger du soleil.
Il me faudra encore une ou 2 heures pour tout ranger, et fixer correctement, maintenant il faut aussi s’occuper des haubans, patarats, étais et les barres de flèche à défaire et fixer le long du mât.
De toute façon, la marée redescend déjà et il est alors illusoire de reprendre la route maintenant, à contre courant nous n’irions pas bien loin. Il faudra donc attendre demain 10h, pour qu’il y ait suffisamment d’eau pour passer l’entrée du port.
Cela nous laisse finalement le temps d’aller faire quelques courses :
Il nous faut, une masse et des pitons, pour pouvoir s’ammarer sur les bords du canal, passer une corde autour d’un arbre est strictement interdit ! Cela les blesse et les rend vulnérables à une invasion de parasites qui a commencé il y a plusieurs centaines d’années et qui déciment petit à petit les platanes du chenal.
Nous trouverons une masse, mais pas de pitons, le quincailler nous vendra deux longues tiges filtées (non pointues..) à la place, et finalement, elles feront l’affaire (les bords du canal sont généralement mous).
Et puis nous nous rendons à l’office du Tourisme pour notre cadeau…
En effet, l’office du tourisme de Pauillac offre une bouteille de vin pour chaque mâtage ou démâtage. Et ils ne se fichent pas de vous : un La Rose Pauillac de 1999 !
|
|
Nous l’ouvrirons le soir même, je suis partisan du fait que les vins sont meilleurs lorsqu’ils sont bus dans leur région. Et en effet, il fut vraiment excellent…
Après tout, on a plus rien à faire jusqu’à demain 10 h, le démâtage était une phase stressante à franchir, alors place à la détente et à l’ambiance festive à bord…

- Navigation Garonne : Pauillac - Castets en Dorthe (Etape 7)
- Le Canal du Midi en Voilier enfin en ligne

- Croisière Voilier : La Rochelle - Port Médoc - Le grand tour (Etape 5)
- Croisière Voilier : Ile de Ré - La Rochelle : Au près à un ris (Etape 4)
- Croisière Sables d'Olonne - Ile de Ré en Voilier (Etape 2)
- Croisière Voilier : Pornichet - Sables d'Olonne - 70 miles (Etape 2):
- A la découverte d'un petit coin du Morbihan
- Carnac et ses menhirs











